29 03 2010
Magique Istanbul
Ville phare de nos imaginaires, capitale culturelle de l’Europe en 2010, qui sait tout admettre et offrir une énergie sans pareille. Ville où tout se côtoie, les architectures, les époques, les fastes et les revers. Affleurent partout une manière de vivre, une élégance et un raffinement dont chacun garde la trace. Vestiges d’arts florissants, énergie d’aujourd’hui.
Ville des possible aussi, le sentiment que tout peut arriver et que tout peut se reconstruire. Chacun fait à sa mesure et participe à l’ouvrage. Ruelles bordées d’échoppes remplies d’ustensiles de cuisine, pâtissier d’un unique gâteau vert pistache, marchands d’épices, de légumes, de poissons rutilants, savamment orchestrés pour séduire les regards avant de susciter l’appétit, vendeurs d’oiseaux chanteurs… L’amour du beau produit, le respect de la terre nourricière, et une cuisine savante, variée, parfumée, équilibrée qui a su extirper aux peuples nomades un goût original.
Hellespont d’Ulysse, Bosphore mythique, minarets infinis qui dessinent un paysage urbain s’élançant vers le ciel, mosquées et palais comme autant de joyaux vifs et lumineux, la ville ne cesse de surprendre comme une belle amoureuse son prince de harem. Et cette gare, terminus de l’Orient Express avec ses vitrophanies de pacotilles, ses salles des pas perdus qui se succèdent abritant quelques hommes fiers en pleine conversation.
Et la rue, fascinante, un jus de grenade entachant les lèvres, quelques marrons pour la forme, croiser la foule toujours en mouvement, active, créative. Une ville des possibles, émancipée, éminemment moderne dans sa façon d’être au monde.
Qu’en retenir pour le présent ? l’envie profonde de sortir du cadre déjà en œuvre dans les miniatures du XIIeme siècle, un sens de l’ornement non comme richesse mais comme langage graphique dominant, une abstraction permanente, une écriture de la couleur, une volonté symbolique en tout.
Un reflet du ciel.




