16 03 2010
Les mystères d’Eugène Green

Décidément l’univers d’Eugène Green n’a pas fini de nous surprendre. Ce second roman au cœur du pays basque nous fait pénétrer par une autre porte dans le mystère qui l’habite et que l’on avait entrevu dans La reconstruction, son premier roman. Un jeune homme, Gotzon Peyrat, est élevé par sa grand-mère qui l’initie au travers de la langue aux mystères du sacré. La Parole étant donc l’incarnation même du vivant, manière d’être à soi et au monde, l’initiation va mener au remake de la Bataille de Roncevaux avec mort et résurrection de Roland, couardise d’Olivier, face aux Basques à l’honneur retrouvé puisque voila bien l’événement fondateur : les Basques perdirent la bataille au IXeme siècle et c’en fut fini de leur reconnaissance comme peuple, terre et langue. Et nous accompagnons le héros jusqu’à l’illumination devant un tableau dans le style de Zurbaran.
Ecriture jubilatoire avec profusion d’images coulant au rythme de l’eau d’un torrent, plaisir des sonorités, jeu avec la conjugaison, ce livre éminemment cultivé est avant tout un moment de bonheur léger et véritable. Une partition musicale aussi.
LA BATAILLE DE RONCEVAUX d’Eugène Green. Gallimard, 328 p., 20 €.




