06 11 2009
Eugène Green : La reconstruction, l’obligation de vigilance.

Dramaturge, cinéaste, écrivain, je ne connaissais pas Eugène Green dont l’ouvrage paru chez Actes Sud en 2008, La reconstruction, fait partie des livres qui… changent la vie. Une histoire douloureuse marquée du sceau du silence, différents niveaux de narration, l’Allemagne de l’après-guerre et la France d’aujourd‘hui, un jeu entre le refoulement et la mémoire « re-convoquée », finalement un récit qui nous oblige à prendre de la hauteur… en toutes circonstances et tous moments. La vigilance donc.
Eugène Green nous invite à une reconstitution par le vide, par l’intérieur, par l’intuition, par le silence, et cela dans une langue vivante, actuelle, et finalement ardente.
Imaginez vous, puisque nous sommes convoqués, ayant vécu dans une ville étrangère, y rencontrer l’amour de votre vie, furtivement, totalement, mais rencontré aussi un être qui vous accueille et dont les bribes de conversation vont permettre de reconstituer, la mémoire faisant son œuvre trente ans après, le destin d’un autre. Au rythme incertain mais à l’issue toutefois certaine de la mémoire.
« C’est en suivant le labyrinthe qu’on arrive au cœur. Aucun élément du monde n’est sans rapport avec les autres. Toute expérience humaine nous conduit vers notre présent. Le trouver, c’est se livrer au sens du monde. »




